Numa et Vladimir Roda-Gil avaient assigné le chanteur devant le juge des référés pour faire suspendre le lancement de son prochain album baptisé "Double enfance" qui doit être disponible dans les bacs lundi prochain.

News Yahoo / AFP

PARIS (AFP) - Le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris a jugé vendredi irrecevable la demande des fils du parolier Etienne Roda-Gil, décédé en 2004, de faire interdire la diffusion du nouvel album de Julien Clerc en raison d'un litige sur l'utilisation de textes par le chanteur.

Les deux frères reprochaient d'abord à Julien Clerc de ne pas avoir respecté sa promesse de réaliser un album-concept sur le thème des réfugiés dont toutes les chansons devaient être écrites par M. Roda-Gil, et ensuite, d'avoir utilisé sur son album des textes du parolier dont il aurait modifié certaines paroles sans son accord ou celui de ses héritiers.
Le juge des référés, Louis-Marie Raingeard de la Bletière, a jugé irrecevable la demande des deux frères, notamment en raison du fait qu'elle excluait un autre héritier, en l'occurence Luisa-Alma Roda-Gil, demi-soeur de Numa et Vladimir.
Cette dernière s'était rangée du côté du chanteur, souhaitant que l'album puisse être diffusé normalement.
Le juge a estimé que la procédure engagée par les deux fils privait Luisa-Alma, pourtant placée "à égalité de droit avec les autres, de la possibilité de faire valoir son appréciation sur les atteintes alléguées au droit moral hérité de son père".
Tout en jugeant la demande irrecevable, le juge des référés a cependant, dans son ordonnance, analysé les conséquences qui pouvaient en découler. "Cette mesure, spectaculaire, a pour conséquence l'absence de communication de l'oeuvre (...) privant les indivisaires (l'ensemble des héritiers, ndlr) des droits patrimoniaux qui s'y attachent, atteint la réputation de M. Julien Clerc et affecte dès lors les intérêts économiques des indivisaires directement concernés par sa reconnaissance par le public", précise ainsi la décision.
En clair, en formulant la demande d'interdiction de l'album, Numa et Vladimir Roda-Gil nuisent à leurs propres intérêts tout en portant atteinte à ceux de Julien Clerc.
Contacté par l'AFP, l'agent de Julien Clerc, Bertrand de Labbey, a indiqué que ce dernier qui avait été, selon lui, "très affecté" par ce litige était "très heureux du résultat (de cette procédure, ndlr) et, pour les autres collaborateurs du disque, que cette polémique n'ai pas empêché la sortie de l'album". "Nous souhaitons travailler tant avec les aînés d'Etienne Roda-Gil qu'avec leur jeune soeur pour, lors d'un deuxième tirage du disque, inclure des éléments qui les satisfassent et qui permettent d'honorer la mémoire de ce grand poète qu'était Etienne Roda-Gil", a-t-il ajouté, précisant: "c'est une main tendue vers une réconciliation".
Etienne Roda-Gil, décédé le 31 mai 2004 à l'âge de 62 ans d'une congestion cérébrale, comptait parmi les paroliers les plus fameux de la chanson française. Il a écrit de nombreux textes pour Julien Clerc, dont "La cavalerie", "la Californie", "Le caravanier", "Ce n'est rien", "Si on chantait", "Elle voulait qu'on l'appelle Venise" ou "Utile".
Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00
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